clin d'œil féminin

Beaucoup de préjugés, de prétentions, de divagations et de mensonges ont désorienté les femmes et les hommes

Le bonheur à tout prix

***Le bonheur fait sa révolution

Faut-il être heureux à tout prix ?

Le bonheur fait sa révolution

Faut-il être heureux à tout prix ? Face au culte effréné de l’hédonisme, psys et philosophes s’insurgent et tordent le cou aux promesses chimériques, aux recettes toutes faites et autres mythes prémâchés de la pseudo-félicité moderne. Quel bonheur !

« Qu’est-ce que je serais heureux si j’étais heureux ! » D’une boutade, Woody Allen a capté l’un des grands paradoxes de notre époque. À ériger le bonheur en norme absolue, ne créons-nous pas un monde aseptisé et sans saveur ? « Voyez les photos des profils sur Facebook, avec sourires forcés et des visages uniformément radieux. C’en est désespérant ! Ce devoir de bonheur devient pesant », s’indigne le philosophe Vincent Cespedes, auteur de « Magique Étude du bonheur » (éd. Larousse). Depuis les années 2000, ce culte du bonheur, que l’essayiste Pascal Bruckner étrillait déjà dans « l’Euphorie perpétuelle » (éd. Grasset), ne faiblit pas. Au contraire !

Le bonheur est subversif

Le bonheur est subversif

À la télé, même les serial killers affichent une mine de satisfaction béate, tel le héros de la série « Dexter », couvert de sang mais souriant à pleines dents. Au cinéma, les films hédonistes magnétisent le public, qu’ils se déclinent au féminin – « Mange, prie, aime », avec Julia Roberts, tiré du livre d’Elizabeth Gilbert – ou au masculin – « L’homme qui voulait vivre sa vie », avec Romain Duris, adapté du roman de Douglas Kennedy. Tandis que côté pub, le Club Med propose une « cure de bonheur », et Coca-Cola s’autoproclame « distributeur de bonheur ». « Notre aspiration au mieux-être est piratée par la société marchande », s’insurge le psychiatre Christophe André, auteur des « États d’âme » (éd. Odile Jacob). À l’orée de 2011, de plus en plus de psys et de philosophes tordent le cou à cette mythologie hédoniste qui nous leurre. « Le bonheur est subversif par essence, souligne Vincent Cespedes. Il surgit souvent là où on ne l’attend pas. » Pour le décrocher, foulons donc aux pieds tout ce qui le fige. Voici pourquoi et comment en finir avec…

Le mythe d’une vie équilibrée

Notre époque glorifie la sonder-maman, qui gère sa carrière, son couple, ses enfants, sa vie sociale, sa silhouette, et le tout, d’un claquement de doigts – manucurés bien sûr – sans vieillir. Il faut aussi avouer que les chiffres ne plaident pas en notre faveur. Les Françaises, championnes d’Europe de la natalité, affichent également un taux d’activité record. Et leur emploi du temps ne connaît pas la décroissance. Résultat : nous courons toutes après une sacro-sainte vie équilibrée sans jamais la toucher du doigt. Mais d’où nous vient ce fichu désir d’être parfaites partout ? « Soumises à de fortes pressions sociales, les femmes subissent le mythe du bonheur de performance, constate Christophe André. C’est un leurre, un tonneau des Danaïdes. On ne peut pas tout réussir à 100%. Le bonheur n’est jamais taille unique. Accepter ses imperfections, ses limites, et faire juste du mieux que l’on peut, tout cela nous rendra bien plus doux avec soi-même, et donc plus heureux. »

Le mythe du temps pour soi

Avouons-le. Dès que le rythme effréné du quotidien nous dépasse, nous fantasmons aussi sec sur les félicités d’une échappée en solo. Leurre ou réalité ? « C’est une croyance forte aujourd’hui : on pense que l’on sera heureux si l’on s’occupe de soi, uniquement de soi, estime Laurent Gounelle, spécialiste du développement personnel (auteur de « L’homme qui voulait être heureux », éd. Anne Carrière). J’ai du mal à croire que le bonheur ne soit qu’égoïste. On oublie que le collectif nous galvanise. Un engagement altruiste peut aider à transcender le quotidien et se révéler une source d’intenses satisfactions. »

Le mythe des petits bonheurs

Le mythe des petits bonheurs

Dur à avaler celui-ci, surtout pour celles qui n’aiment pas la bière… « Ce mythe manque terriblement d’ambition, souligne Stéphane Clerget. Ne confondons pas bonheur et plaisir. Ces petites satisfactions quotidiennes rassurent mais invitent aussi au repli sur soi. On se contente de petites jouissances parce qu’au fond, on a peur de prendre le risque d’un grand changement dans sa vie. Or, ce n’est qu’en risquant le malheur que l’on peut accéder à un bonheur orgasmique, entier, durable et qui nous emplit. »
Osons donc rêver d’un bonheur taille XXL !

Le mythe de la beauté intérieure

Osons le dire : cette expression a la peau dure. « Elle est surtout fausse, explique le psychiatre Stéphane Clerget, auteur des “Kilos émotionnels : comment s’en libérer” (éd. Albin Michel). La beauté du cœur et de l’es- prit est inséparable de celle du corps. Se soucier de son apparence physique est essentiel à son bien-être. Ce temps que prend une femme pour se maquiller est source d’émotion, de méditation et de réflexion au sens libératoire du terme. Lorsque l’on prend soin de soi, les autres nous renvoient une image plus positive. Se faire belle, c’est se faire du bien, nourrir son assurance et son estime de soi. Enfin, cela n’a rien d’égocentrique. L’élégance est aussi une politesse. »

Le mythe du cocon familial

À chaque crise, la valeur famille monte en flèche dans les sondages, tel un refuge douillet dans un monde décidé- ment trop cruel. Pourtant, qui dirait le contraire ? S’échapper de sa famille, une heure, un jour, une semaine… : quel bonheur ! Pour Stéphane Clerget, « la famille n’est pas un vase clos, un refuge fermé. Elle a aussi des portes et des fenêtres. Comme dans une maison, il faut que l’air circule ! Inviter des amis à dîner, s’autoriser des virées entre copines, des sorties en couple, une balade avec un seul enfant, sans forcément embarquer tout le monde. Une famille qui n’est pas figée et fermée, mais vivante, nous rendra plus fort et plus solide à l’extérieur. »

Le mythe de la qualité qui prime

Là encore, ne nous leurrons pas. Pour la pédopsychiatre Catherine Jousselme, auteur de « Comment l’aider à avoir… confiance en lui » (éd. Milan), plus que d’enquiller tous les week-ends piano, gym, échecs, musées, etc., un enfant, pour grandir, a besoin d’une véritable disponibilité. Soyons clairs : cinq minutes par jour ne suffisent pas. Tout comme rester avec lui vingt- quatre heures sur vingt-quatre sans être vraiment à l’écoute. Non. Être disponible, c’est accepter de ne rien faire avec lui. Pire encore : ne vous obligez pas à faire des activités que vous n’aimez pas. Certains parents détestent jouer mais adorent lire. Et alors ? Il ne faut surtout pas mettre d’enjeux dans le temps passé avec lui. Mais rester souple sur le temps libre, accepter l’imprévu avec lui, regarder ensemble une série télé totalement idiote en boucle tout le dimanche, sans culpabiliser. Et se laisser, au fond, surprendre par son enfant. » (Le Figaro.Madame-05.01.2011.)

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