clin d'œil féminin

Beaucoup de préjugés, de prétentions, de divagations et de mensonges ont désorienté les femmes et les hommes

Les chiffres qui parlent.2

**Sondage–France : ce que les hommes reprochent aux femmes

Les femmes ont changé, c’est au tour des hommes. Une évolution qui ne va pas sans heurts ni reproches. Notre sondage le montre. La paix des sexes aura-t-elle lieu ? Confidences en demi-teinte et point de vue du psychanalyste Bernard Torgemen.

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Sondage TNS-SOFRES pour Psychologies Magazine
Réalisé par téléphone les 16 et 17 mars 2004 auprès d’un échantillon national de quatre cent cinquante-quatre personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage). Les “sans-opinions” n’apparaissent pas dans nos tableaux.
Deux livres récents, Nos hommes à nu (Plon), de notre collaboratrice Valérie Colin-Simard, etLes hommes aussi changent (Payot), du sociologue Daniel Welzer-Lang, nous confirment ce que psys et sexologues nous affirment régulièrement : les hommes sont en mutation et, du coup, leurs relations avec les femmes aussi.
On les a étiquetés machos ou papas poules ; on les dit en errance, en questionnement sur leur identité et sur leur rôle… Pour ne pas céder à la tentation des généralités, nous avons eu envie de prendre leur pouls par un sondage. Comment vivent-ils aujourd’hui leurs rapports avec les femmes ? Quels reproches leur font-ils ? Qu’en attendent-ils ? Nous avons demandé à Dominique Lévy, directrice du département Médias à la Sofres, de commenter les résultats ; au psychanalyste Bernard Torgemen ce qu’il pensait de la nouvelle place des uns et des autres ; et à quatre hommes de 20 à 50 ans de nous confier leurs peurs, leurs désirs et un peu de leur vie intime.

Quelques chiffres :

Diriez-vous que, au cours des dernières années, les relations hommes-femmes sont devenues plutôt :
Plus dures : 36 %
Plus douces : 57 %
Plus faciles : 54 %
Plus difficiles : 42 %
Plus conflictuelles : 47 %
Plus paisibles : 48 %
Un peu plus douces, un peu plus faciles, mais pas vraiment plus paisibles (égalité de score entre “plus paisibles” et “plus conflictuelles”). Notons l’appréciation paradoxale des plus jeunes (18-24 ans), qui les jugent à la fois plus douces (68 %), plus faciles (59 %) et plus conflictuelles (56 %). Les plus âgés (plus de 50 ans) ont, eux, le sentiment d’une dégradation globale (plus difficiles, plus dures), accompagnée d’une diminution des conflits. Le mode conflictuel serait-il un phénomène lié à la jeunesse ?
Si vous aviez des reproches à adresser aux femmes sur le plan sexuel, vous leur reprocheriez :

  • De faire trop souvent le premier pas
    Oui, vraiment : 6 %
    Oui, plutôt : 10 %
    Non, plutôt pas : 40 %
    Non, vraiment pas : 40 %
  • De ne jamais être satisfaites, d’être trop exigeantes :
    Oui, vraiment : 9 %
    Oui, plutôt : 20 % 
    Non, plutôt pas : 34 % 
    Non, vraiment pas :31 %
  • De manquer de douceur, de tendresse
    Oui, vraiment : 7 % 
    Oui, plutôt : 15 % 
    Non, plutôt pas : 30 % 
    Non, vraiment pas : 43 %
  • De manquer d’imagination, de préférer toujours les mêmes choses
    Oui, vraiment : 11 % 
    Oui, plutôt : 22 % 
    Non, plutôt pas : 26 % 
    Non, vraiment pas : 37 %
  • D’être trop passives
    Oui, vraiment : 8 % 
    Oui, plutôt : 20 % 
    Non, plutôt pas : 33 % 
    Non, vraiment pas : 35 %

Premier constat : le niveau de reproche (moins d’un tiers des hommes) est globalement faible. Si le “manque d’imagination” est déploré au même niveau par toutes les tranches d’âge, les plus jeunes (moins de 35 ans) se plaignent plutôt d’une exigence jugée excessive, les plus âgés d’un abus d’initiatives et d’un manque de douceur.
Dans le cadre de vos relations avec les femmes, vous arrive-t-il de vous dire :

  • Elles ne nous passent rien, il faut assurer dans tous les domaines :
    Souvent : 29 %
    Parfois : 47 % 
    Jamais : 22 %
  • Elles ne savent pas ce qu’elles veulent, elles changent d’avis tout le temps
    Souvent : 26 % 
    Parfois : 52 %
    Jamais : 20 %
  • Elles veulent toujours avoir le dernier mot
    Souvent : 47 % 
    Parfois : 41 %
    Jamais : 10 %
  • Elles voudraient que nous soyons tendres et machos, forts et compréhensifs, bref, tout et son contraire
    Souvent : 34 %
    Parfois : 40 % 
    Jamais : 23 %
  • Il faudrait toujours parler, analyser, s’expliquer
    Souvent : 55 % 
    Parfois : 33 % 
    Jamais : 10 %

Reproche majeur (et largement partagé) : l’attente féminine de discours et d’analyse. Et il s’agit là d’un grief partagé par l’ensemble des hommes, sans distinction d’âge ou de catégorie socioprofessionnelle. Plus généralement, les plus critiques (et de loin…) sont les hommes ne vivant pas en couple et ceux issus des catégories les plus défavorisées. Le confort matériel apparaît donc comme un facteur clé de paix conjugale. Et aussi les hommes seuls. Sont-ils critiques faute de compagne ou parce qu’aucune femme ne trouve grâce à leurs yeux ?
Quand vous pensez aux femmes d’aujourd’hui, quelles qualités appréciez-vous particulièrement chez elles ?

  • Leur indépendance, le fait qu’elles s’assument matériellement
    En 1er : 19 % 
    En 2e : 21 % 
    En 3e : 19 % 
    En 4e : 22 %
    En 5e : 14 %
  • Leur liberté sexuelle
    En 1er : 4 % 
    En 2e : 8 % 
    En 3e : 15 % 
    En 4e : 21 % 
    En 5e : 45 %
  • Leur énergie
    En 1er : 12 %
    En 2e : 17 % 
    En 3e : 21 % 
    En 4e : 27 % 
    En 5e : 17 %
  • Leur capacité à assurer à la fois à la maison, au travail et avec leurs enfants
    En 1er : 38 % 
    En 2e : 24 %
    En 3e : 14 % 
    En 4e : 9 %
    En 5e : 10 %
  • Leur courage et leur sens des responsabilités
    En 1er : 24 % 
    En 2e : 25 % 
    En 3e : 25 % 
    En 4e : 14 % 
    En 5e : 7 %

En tête du classement (plus nettement encore chez les moins de 35 ans et les moins favorisés) : la capacité féminine à “assurer”, traduite aussi (surtout chez les plus âgés) par la reconnaissance du “courage” des femmes. L’indépendance matérielle est moins appréciée, et la liberté sexuelle, carrément mal classée. Globalement, les hommes plébiscitent la gent féminine pour ses qualités les plus traditionnelles.
(Commentaires TNS/Sofres : Dominique Lévy)

Entretien avec Bernard Torgemen

A LireNos hommes à nu de Valérie Colin-Simard.
Une vaste enquête sur l’actuelle révolution des hommes, qui bouscule nombre d’idées reçues (Dunod, 2001).

« Aujourd’hui, les femmes insécurisent les hommes »
Hommes et femmes sont en compétition. Pourtant, les relations commencent à s’apaiser, constate le psychanalyste.

Psychologies : Selon notre sondage, la majorité des hommes trouve les relations avec les femmes plus faciles que par le passé. Quelle est alors la principale difficulté qu’ils rencontrent avec elles ?
Bernard Torgemen : Une forme de complexe d’infériorité, en tout cas ici, en France et en ville. Je pense à une séance avec un patient qui avait lu “Nos hommes à nu” [voir “A lire” p. 60]. Il m’a dit : « Cela m’a passionné, mais je ne le ferais pas lire à ma femme. Elles sont déjà si fortes, ne leur donnons pas d’armes ! » Trois autres hommes m’ont dit sensiblement la même chose, tous fort intelligents et bien insérés socialement. A travers ce livre, ils avaient eu l’impression de montrer quelque chose de leur faiblesse. L’un d’eux m’a même dit : « En revanche, je l’ai passé à ma maîtresse. »

Comment expliquer ce complexe d’infériorité ?

Aujourd’hui, il est de notoriété publique que, à chances égales, les femmes ont de meilleurs résultats que les hommes. Jusque dans les années 1970, ils étaient en compétition avec d’autres hommes. L’accès à une relative égalité des sexes a fait émerger un nouvel adversaire face auquel ils se sentent souvent désarmés. Par exemple, les hommes politiques que je reçois en analyse ont une angoisse terrible à l’idée de se retrouver face à des femmes qui, majoritairement, ne déclinent pas le pouvoir de la même manière. Elles sont plus honnêtes, me disent-ils eux-mêmes. Elles ne font pas leur « cour » de la même manière. Dans le cas des élus locaux, les hommes connaissent l’appareil politique, les femmes connaissent leur circonscription. Ils se rendent compte qu’ils sont comme des funambules, loin de la terre, pas suffisamment accrochés au câble du réel.

Dans notre sondage, ils sont 88 % à reprocher aux femmes de vouloir tout analyser et tout expliquer. Qu’en pensez-vous ?

Les hommes ont souvent besoin de l’action pour passer ensuite à la réflexion, alors que les femmes ont souvent besoin de l’introspection avant de passer à l’action. Hommes et femmes n’ont pas le même tempo, ce qui engendre fréquemment des problèmes de communication. Bien entendu, c’est une généralité. Car l’inverse dans un couple peut provoquer les mêmes malentendus.

Que disent de leur femme ces hommes qui viennent en analyse ?

La plupart ne viennent pas en analyse à cause de leur femme, mais à cause de leur mère. C’est dans la relation à la mère que s’impriment leurs relations futures avec les femmes. Or je vois dans cette génération d’hommes entre 30 et 40 ans de plus en plus d’incestes symboliques, et même parfois réels, de la part des mères sur leur fils. Et c’est nouveau de l’entendre. Ils ont souvent eu des mères héritières d’un féminisme mal compris. Elles ne se sont pas toujours contentées de les castrer, elles se sont aussi réellement ou symboliquement donné la possibilité de les « baiser ». Et ça, ç’a fait des dégâts.

Qu’est-ce ça veut dire, “baiser symboliquement” son fils ?

C’est devenir la maîtresse symbolique ou putative de son enfant. Aujourd’hui, beaucoup de femmes de 50 ans sont très désirables. S’il n’y a pas d’homme dans la famille pour dire : « Cette femme est ma femme ; pour toi, c’est ta mère » ; si, en plus, cette femme est dans la demande affective et, par exemple, se balade nue devant son fils, elle risque de créer chez lui des désirs non maîtrisables. Cela perturbe ces hommes en devenir. Souvent, ils ne vont plus chercher à rencontrer des filles de leur âge. J’entends de plus en plus de très jeunes hommes attirés, au moins dans le fantasme, par des femmes d’une génération au-dessus. Parce qu’avec elles, il y a ce côté maternel qui va les protéger.

Qu’est-ce que les hommes n’aiment pas chez les femmes ?

Qu’elles les insécurisent. Beaucoup recherchent chez un homme non pas un sexe mais une épaule. Et les hommes ont du mal à la donner. Souvent, ils ne se sentent plus capables d’assumer cette fonction de protection. Avant, on leur apprenait à tenir les épaules hautes. Aujourd’hui, cela ne veut plus rien dire. Pourquoi ces maux de dos chez eux ? Parce qu’ils ne savent plus comment tenir leurs épaules ni comment elles se posent naturellement. Ils ont mal aux cervicales et aux dorsales, les femmes ont mal aux lombaires, au niveau de l’accueil, car les hommes sont trop lourds.

On constate que de plus en plus d’hommes se font draguer. Comment réagissent-ils ?

Les trois quarts disent ne rien voir. En réalité, ils ne peuvent pas le supporter. Si les femmes sont trop libérées, ils craignent la compétition avec d’autres hommes. Ils me disent : « Ma compagne, je l’ai choisie parce qu’elle ne m’a pas dragué », et ils lui reprochent ensuite de ne pas avoir assez d’activité sexuelle ! Aux femmes qui veulent vraiment faire une rencontre, je dis : « Freinez, ne vous donnez pas le premier soir, faites monter le désir. » Sinon, elles risquent de réveiller chez l’homme des peurs archaïques.

Beaucoup de femmes se plaignent pourtant que les hommes draguent de moins en moins. Pourquoi ?

Lorsqu’un homme flashe sur une femme, mon travail va être de dire : « Allez-y ! » Et eux me répondent : « Non, non, j’ai peur. »

Peur de quoi ?

La vraie rencontre est de moins en moins légère. Et il y a Internet, avec ses rencontres virtuelles. Le passage du fantasme au réel est difficile. Quand on est parti de haut et que l’on n’a pas construit pierre par pierre une relation ancrée dans le corps, elle s’écroule comme un château de cartes.

Vous avez un exemple ?
J’ai l’exemple d’un patient, un homme d’une grande intelligence. Il a vécu une merveilleuse histoire d’amour virtuelle qui a duré presque quatre mois. La veille du jour de la rencontre réelle, il m’a demandé une séance exceptionnelle, car il avait une terrible crise d’angoisse. Il n’avait pas pu lui dire qu’il était obèse. Le lendemain, il s’est retrouvé face à une femme qui était, elle aussi, obèse. Il ne l’a pas supporté. Il était à deux doigts du suicide. Je lui ai dit : « Ça suffit ! Vous vivez une souffrance terrible, mais vous êtes-vous demandé ce que cette femme avait pu, elle, ressentir ? » Là, il a décroché son téléphone. Elle avait été terriblement blessée. C’est seulement lorsqu’il a réussi à jouer son rôle d’homme et à rassurer cette femme qu’il a commencé à sortir de sa dépression.

Toujours selon notre sondage, la guerre des sexes semble s’apaiser. Vous êtes d’accord ?

Oui, parce que ce n’est pas une vraie guerre. Les femmes commencent à parler des hommes entre elles avec plus de tendresse et, du coup, les hommes entre eux le font aussi. Je crois beaucoup à la génération qui arrive.
(Propos recueillis par Valérie Colin-Simard)*.psychologies.com-mai 2004

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En 2015, aux Etats-Unis, 170 agressions de ce type auraient été <a href="http://qz.com/533256/the-disturbing-reality-of-sexual-assault-on-airplanes/" target="_blank">recensées par le FBI</a>. Un chiffre certainement sous évalué car le personnel de bord, non formé pour gérer les agressions sexuelles entre passagers,  ne communique que très rarement ce type "d'incidents" au pilote.

En 2015, aux Etats-Unis, 170 agressions de ce type auraient été recensées par le FBI. Un chiffre certainement sous évalué car le personnel de bord, non formé pour gérer les agressions sexuelles entre passagers,  ne communique que très rarement ce type « d’incidents » au pilote.

Transport aérien : viols de nuit, stupeur et tremblements

Aux Etats-Unis, 63 agressions sexuelles  commis à bord d’avions dans l’espace aérien américain en 2017

Les agressions sexuelles se multiplient dans les avions. Le personnel navigant, rarement formé pour répondre à ce type de violence, ne sait comment gérer les situations. Et les plaintes s’accumulent. Un tabou se brise.

14 MAI 2018

 10 accidents et « seulement » 44 morts ! 2017  est bien « l’année la plus sûre de tous les temps, tant par le nombre d’accidents qu’en termes de victimes« , claironne l’Aviation Safety Network (ASN)  un site  américain spécialisé dans les catastrophes aériennes.

En cas d'agression sur un vol, il appartient au personnel de bord d'informer les pilotes qui décideront si l'incident mérite (ou non) un signalement

En cas d’agression sur un vol, il appartient au personnel de bord d’informer les pilotes qui décideront si l’incident mérite (ou non) un signalement
(Pixbay)

Mais combien de viols et autres agressions sexuelles ?

La question peut paraître saugrenue.

Elle est pourtant légitime.
Il s’agit d’un tabou au sein des compagnies aériennes. Et très peu acceptent de communiquer autour de tels faits.
Air France nous a cependant indiqué « ne pas avoir de statistiques sur ce sujet mais nous pouvons vous confirmer que l’occurrence est assez faible« .  Est-ce que le personnel navigant reçoit une formation particulière en de domaine ?  «  Les équipages sont par ailleurs continuellement sensibilisés à l’importance d’exercer une vigilance particulière sur ces contrôles lors des vols de nuit. Comme dans toute situation portant atteinte à l’intégrité de nos passagers à bord, la police est contactée par l’équipage afin qu’elle puisse prendre en charge les passagers concernés à l’arrivée du vol. »
Ce qui n’est pas la règle partout, notamment aux Etats-Unis.

**Aux Etats-Unis, 63 agressions sexuelles en 2017

Le FBI a compétence pour enquêter sur les crimes commis à bord d’avions dans l’espace aérien américain ou impliquant des citoyens américains. Mais il ne classe pas les agressions sexuelles séparément des autres crimes dans les avions. Il  dit avoir enquêté sur 63 agressions sexuelles sur des avions au cours de l’exercice 2017, contre 38 trois ans plus tôt.

Par ailleurs, les compagnies aériennes, qui craignent par dessus tout la mauvaise publicité dans un secteur ultra-concurrentiel, ne sont pas tenues de les signaler au gouvernement fédéral.

Voyageant seule lors de vols long courrier, sous l'effet d'un sédatif pour supporter le voyage, telle est le portrait-robot de ces femmes victimes d'agressions sexuelles dans le transport aérien

Voyageant seule lors de vols long courrier, sous l’effet d’un sédatif pour supporter le voyage, telle est le portrait-robot de ces femmes victimes d’agressions sexuelles dans le transport aérien

Au cours des dernières années, il y a eu plusieurs témoignages dans les médias d’agressions sexuelles en avion. Certains incidents récents impliquent des adolescentes. D’autres, des femmes célèbres comme Randi Zuckerberg, la sœur du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, et l’actrice Anika Noni Rose.
Les deux femmes ont récemment raconté leurs mésaventures. Mais on ne sait pas exactement à quelle fréquence tout cela se produit car aucun organisme fédéral ne recueille de données sur le harcèlement sexuel ou les agressions aériennes.

Le mode opératoire des agressions est sensiblement toujours le même.
L’agression a lieu la nuit, lors de vols longs courrier. La passagère s’assoupit, parfois après la prise d’un tranquillisant. Elle reprend peu à peu conscience, dans un demi- sommeil parce qu’elle sent  indisposée, troublée, avec la certitude de plus en plus affirmée qu’elle est victime d’un comportement anormal sur sa personne. Son état de confusion  se dissipe quand elle réalise tout à coup la situation :  un homme a les mains sur elle.

**Un bonus de 10000 miles pour une agression sexuelle

Allison Dvaladze, une américaine, a été agressée sexuellement  lors d’un voyage en avion entre Seattle et Amsterdam. C’était en 2016. Elle a crée une page Facebook pour raconter son histoire et recueillir les témoignages sur ces agressions.
Lors du vol, raconte-t-elle sur CNN, »J’ai senti une main dans mon entrejambe, et j’ai réalisé que c’était l’homme à côté de moi. Je l’ai giflé tout de suite, crié « non », sans même penser.« 

Allison Dvaladze

Allison Dvaladze
(capture écran Twitter)

Ce qui ne décourage pas son agresseur.
Nouvelle main déplacée de sa part et nouvelle giffle assenée.
Rien n’y fait. 
Excédée, appeurée, elle déboucle sa ceinture de sécurité et court à l’arrière de l’appareil où elle raconte l’agression à l’équipage.  « Je crois qu’ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour me réconforter, mais il était évident qu’il n’y avait pas de procédure claire pour ce qu’ils devraient faire. Ils m’ont demandé ce que je voulais qu’ils fassent, et à ce moment-là, je ne pouvais penser à rien sauf à vouloir quitter l’avion. »
Difficile à 10.000 mètre d’altitude….
On finit par la changer de place.
Une fois arrivé à destination, à l’aéroport d’Amsterdam, l’agresseur quitte l’appareil sans problème. Allison Dvaladze envoie un mail à Delta Airlines, la compagnie de transport, pour témoigner de cette violence. La compagnie lui répond un mois plus tard. Elle lui offre un bonus de 10000 miles sur sa carte grand-voyageur. Un « geste de bonne volonté« …

Les gens doivent comprendre que ces femmes ont besoin d’être entendues, et qu’il faut les croire…Mike Adams, ex agent du FBI

*Des agressions difficiles à prouver

Mike Adams a servi comme agent du FBI pendant 26 ans, dont près de 5 ans à l’aéroport international de Seattle. Il affirme avoir vu au moins un de ces cas d’agression tous les mois. Il a expliqué au Seattle Times qu’il est difficile d’obtenir des preuves de ces attaques.  » Lorsque les lumières sont baissées, que personne ne regarde, c’est très difficile à prouver, d’avoir des témoins. La plupart du temps, les passagers voisins ne voient rien. C’est compliqué d’observer quoi que ce soit depuis un siège près du hublot. Toutes les femmes ne vont pas le signaler immédiatement parce que c’est terriblement choquant. Elles restent stupéfaites. Et si elles le rapportent au personnel de bord, les agents ne savent pas toujours quoi faire. Il m’est arrivé d’observer des réponses complètement incohérentes de la part de l’équipage.  Les gens doivent comprendre que ces femmes ont besoin d’être entendues, et qu’il faut les croire «   Mais à quoi attribue-t-il ce sentiment d’impunité ? « La résolution de ces types de crimes est très difficile. Vous avez besoin de faits, de circonstances et de preuves hors de tout doute raisonnable pour condamner quelqu’un. « 

Que faire en cas d’agression ? Dans la mesure du possible, il est recommandé de filmer l’agresseur ou de provoquer carrément un scandale afin que la peur change de camp.

Une du site Facebook  <a class="profileLink" href="https://www.facebook.com/FBI/">FBI-Federal Bureau of Investigation</a>  qui a lancé la campagne "be air conscience" pour sensibiliser le public

Une du site Facebook  FBI-Federal Bureau of Investigation  qui a lancé la campagne « be air conscience » pour sensibiliser le public
(capture écran)
*Des procédures de signalements normalisées ?

«  Nous avons des protocoles généraux pour les agressions en vol, mais il y a très peu de formations et de protocoles spécifiques » assure Sara Nelson, présidente de l’AFA, principal syndicat aérien américain qui représente les hôtesses et les stewards.

Elle confiait à CNN : «  Pendant mes 22 ans en tant qu’agent de vol, je n’ai jamais pris part à une conversation – en formation ou autre – sur la façon de traiter le harcèlement sexuel ou agression sexuelle pendant un vol. »

Dans une enquête  très fouillée parue en août 2016 sur le site américain Slate, un chiffre donne le vertige :  sur 2 000 membres d’équipage, 1 sur 5  déclare avoir traité des plaintes pour des agressions sexuelles lors des vols. Et dans moins de la moitié des cas, les autorités au sol ont  été prévenues. Le ou les agresseurs ont pu quitter l’appareil et l’aéroport sans difficulté.
Il appartient au commandant de bord de signaler les faits aux autorités locales. Insuffisant pour Sara Nelson : « Il faudrait qu’il y ait des procédures de signalement normalisées dans tout le secteur aéronautique. Dans la plupart des cas, à mon avis, il faut que les forces de l’ordre soient présentes à la descente de l’avion. Mais comme nous n’avons aucune directive standard, il est bien possible que cela ne soit pas toujours les cas. »–.tv5monde.com /  14 MAI 2018

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