clin d'œil féminin

Beaucoup de préjugés, de prétentions, de divagations et de mensonges ont désorienté les femmes et les hommes

La Grande Tétée

**La Grande Tétée 2009

D. R.

Imaginez 500 femmes réunies au même endroit, dégrafant toutes en même temps leur corsage… Si l’idée peut en faire fantasmer certains, l’événement est avant tout une opération de communication pour promouvoir les bienfaits de l’allaitement. La Grande Tétée, c’est son nom, est organisée par la Coordination française pour l’allaitement maternel (Cofam) et aura lieu ce dimanche 11 octobre, dans 70 villes de France. À Paris, c’est au stade Charléty que les mamans sont invitées à se retrouver, avec bébé, à partir de 14 heures. L’an dernier, plus de 2 000 femmes avaient répondu présentes aux quatre coins du pays. L’objectif : informer les Français et médiatiser l’allaitement, qui ne concerne que 54 % des mères dans l’Hexagone.(Le Figaro)

Comme chaque année, la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel organisée par la COFAM se tient du 12 au 18 octobre 2009 dont le thème est  » l’allaitement, atout en situations de crise ».Des centaines de parents et leur bébé allaité poseront pour une photographie souvenir lors d’une Grande Tétée en simultané. Les associations de soutien à l’allaitement maternel, les consultants en lactation, les professionnels de l’allaitement et de la petite enfance sont invités pour informer les parents et futurs parents des réalités de l’allaitement.Depuis sa première édition en 2006,le rendez vous annuel de la Grande Tétée rencontre un succès grandissant et ce, grâce à vous qui nous aidons chaque année à distiller l’info sur la toile et dans les villes. Nous étions plus de 2200 participants en 2008, combien serons nous cette année, beaucoup plus, nous l’espèrons! Alors nous comptons sur votre mobilisation et sur votre participation pour une édition 2009 encore plus importante !La Grande Tétée veut montrer que l’allaitement n’est pas réservé à de rares cas, ni à de rares pays : il est un atout pour devenir parent, quand les femmes l’ont choisi librement. Or, on sait combien l’information est une condition essentielle à une décision éclairée et personnelle : La Grande Tétée sera, encore cette année, l’alliée des parents et de tous ceux désireux d’en savoir plus.L’allaitement maternel dans plusieurs pays est une pratique qui s’est perdue au cours du XXième siècle. Nous n’avons plus l’habitude culturellement d’allaiter nos enfants, de voir des femmes allaiter autour de nous. Même dans l’art, l’allaitement est de moins en moins représenté.
Ainsi, nous sommes arrivés dans notre socièté à perdre cette pratique et l’allaitement maternel pose aujourd’hui différentes questions et abordent divers sujets tels que les politiques sociale et de santé, le maternage,la parentalité, l’éducation, la sexualité.
Le manque d’information et/ou de soutien sont les premières causes du taux d’échec d’allaitement maternel durant les premiers mois ou du refus d’allaiter tout simplement. Pour les femmes qui ont un projet d’allaitement, ces obstacles peuvent avoir des conséquences importantes et les marquer durablement.

Le soutien aux mères se retrouve dans tout l’entourage proche ou lointain de ces femmes : le conjoint, la famille, les amis, les professionnels de santé. Le lien mère – enfant durant la période de l’allaitement maternel est certes primordial et intense, en même temps, le père a toute sa place et se construit par son soutien, sa protection, sa participation, sa relation propre avec son enfant.

Nous souhaitons contribuer à la sensibilisation, à l’information sur les bienfaits de l’allaitement maternel pour que toutes les femmes puissent faire le choix d’allaiter ou non, pour que chaque mère puisse continuer son projet d’allaitement en ayant accès à tous les renseignement nécessaires.

**L’édition 2008 a réuni plus de 2200 personnes au total sur toute la France en ouverture de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel.

La GTT 2008 a vu ses rangs rejoints par des associations locales qui ont organisé pour la première fois la rencontre dans leur ville. Plus de 250 professionnels de santé, consultantes en lactation et mères compétentes, formés à la physiologie de l’allaitement maternel, ont été présents pour répondre à vos questions.

Une troisième édition conviviale !

Les mères de chaque ville se sont installées pour allaiter « à la demande » leurs bébés … le temps de la photo rejointes par la suite par les pères. Les échanges se sont ensuite poursuivis pour certains autour d’un repas partagé.

Une troisième édition axée sur l’information !

Grâce au soutien de notre partenaire Medela, de la contribution active des associations nationales ou locales de soutien à l’allaitement maternel, nous avons pu mettre en place dans la grande majorité des villes des stands d’informations avec des brochures ou feuillets destinés aux participants.

La mise en réseau entre parents, professionnels de santé a permis cette année à la création

Une troisième édition médiatique !

La Grande Tétée 2008 a obtenu une grande couverture médiatique. Ainsi les journalistes de différentes chaines télévisées (nationales ou locales), de radios, de presse papier ont répondu présents le jour j . Certaines coordinatrices locales ont été interviewées ou invitées par certains de ses médias. Beaucoup de sites internets (webzine, version internet de grands médias, blog…) ont auusi relayé l’info. La presse était au rdv, à notre plus grande joie, un coup de projecteur a été donné sur l’allaitement maternel, ses bienfaits et ses réalités (besoin de soutien, d’information, d’éducation…).

Une troisième édition citoyenne !

La Grande Tétée reste d’abord une rencontre dont les objectifs sont d’informer et de soutenir les femmes qui désirent allaiter. Ainsi, dans certaines villes les mairies ont pris consience du besoin d’information relatif au soutien à l’allaitement maternel, elles ont participé activement à l’organisation de la rencontre. Dans un second temps, pour cetaines d’entre elles, l’aide s’est poursuivie durant l’année écoulée auprès des associations locales.

De cette rencontre de 2008, de nouvelles associations de soutien à l’allaitement maternel se sont crées.

La Grande Tétée a donc permis une mise en réseau entre parents, professionnels de santé, de petite enfance et de politiques.

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****Aide à l’allaitement : la France peut mieux faire

Les Françaises allaitent moins que les Scandinaves, les Allemandes ou les Italiennes.
Les Françaises allaitent moins que les Scandinaves, les Allemandes ou les Italiennes.

Un rapport remis à Roselyne Bachelot propose une série de mesures pour encourager l’allaitement, notamment un allongement d’un mois du congé de maternité.

La Grande Tétée 2009  coeur- La France a beau caracoler en tête des pays européens pour le nombre de naissances par femme, côté allaitement, elle tendrait plutôt à faire profil bas. Même si le taux d’enfants nourris au sein à la naissance progresse ces dernières années de 62,6% en 2003, il est passé à 66,3% en 2007 il reste encore loin de celui des pays scandinaves, de l’Allemagne ou de l’Italie où l’on frôle les 90%. Or, les bienfaits de l’alimentation au lait maternel pour la santé de l’enfant sont reconnus par l’OMS et l’Académie de médecine. Le ministère de la Santé a donc commandé un «plan d’action» au professeur en pédiatrie Dominique Turck, pour se doter d’une réelle politique d’allaitement maternel.

*Prolonger le congé de maternité

Parmi les plaintes récurrentes des mères et des associations figure la longueur insuffisante du congé de maternité après la naissance. «Dix semaines, c’est court. Beaucoup se disent : «A quoi bon tenter alors qu’il faudra repasser au biberon dans deux mois ?»», témoigne Dominique Opitz, présidente de La leche league, une association française composée de mères bénévoles qui animent des ateliers sur l’allaitement. Pour répondre à cette préoccupation, le rapport remis début juillet propose d’allonger de quatre semaines le congé après la naissance, une suggestion qui va dans le sens des recommandations de l’Académie de médecine, qui prônait «au moins quatre mois» d’interruption de travail dans un avis rendu en 2009.

*Des conseils contradictoires

L’autre point noir souvent mis en avant est le manque d’information. «A l’heure actuelle, le sujet n’est abordé que pendant la préparation à l’accouchement, où une heure est dédiée à l’alimentation générale du bébé. Sinon, il faut prendre l’initiative de se renseigner auprès d’associations, ou avoir la chance de tomber sur du personnel médical qui a le temps d’en discuter», déplore Dominique Opitz. L’information n’est pas seulement difficile à trouver, elle est en outre contradictoire, poursuit la présidente de la Leche league. «Bien souvent, la diversité des discours entendus provoque un profond désarroi chez les jeunes accouchées».

«En France, la majorité des femmes qui cessent de nourrir leur enfant au sein dans les trois premiers mois le font parce qu’elles sont découragées par les difficultés – crevasses, engorgements – et ne savent pas à qui en parler», confirme Vera Walburg, psychologue et auteur de Une comparaison de mères françaises et allemandes : face à l’allaitement, le travail et le féminisme*. En Allemagne, où le taux d’allaitement à la naissance atteint les 90%, les femmes sont bien mieux informées et suivies. Elles bénéficient notamment des visites quotidiennes d’une sage-femme durant les trois semaines qui suivent la naissance, pendant lesquelles la question de l’allaitement peut-être abordée en profondeur». Le pays a en outre créé dans les années 1990 une Commission nationale sur l’allaitement maternel qui informe de façon homogène tous les acteurs amenés à côtoyer les mères.

Pour répondre à ces préoccupations, le plan d’action du Pr Turck préconise pour sa part de généraliser l’entretien individuel d’information au 4e mois de grossesse, au cours duquel médecin ou sage-femme délivrera des informations «exactes, s’appuyant sur les recommandations nationales». Pendant la deuxième semaine suivant la naissance, les jeunes mères devraient aussi se voir proposer une consultation sur l’allaitement remboursée à 100%,avec un professionnel de santé formé. Le rapport propose également de créer un poste de coordinateur national de l’allaitement, à la tête d’un comité national, pour superviser les actions de promotion, et de nommer un «référent allaitement» dans chaque maternité.

*Les crèches épinglées

Mais les mères ne sont pas seules concernées par le manque d’information. Le rapport Turck épingle également les crèches, haltes-garderies ou assistantes maternelles qui refusent de nourrir l’enfant au lait maternel fourni en biberon par la mère – c’est possible en respectant certaines règles de conservation – ou d’accueillir celle-ci pour la tétée. Ces structures d’accueil devraient pourtant systématiquement «informer les parents de la possibilité» de poursuivre l’allaitement lors de l’inscription, plaide le rapport.

Plus surprenant, les personnels de santé sont également dans le viseur. «On contraint trop souvent les jeunes mères à abandonner l’allaitement parce qu’elles doivent suivre un traitement, alors qu’en réalité, très peu de médicaments sont contre-indiqués», affirme Dominique Opitz. Sans aller jusque là, le travail du Pr Turck insiste sur la nécessité «d’améliorer la formation initiale et continue des professionnels de santé» sur le sujet.

Contacté par lefigaro.fr, le ministère de la Santé a indiqué qu’il était encore trop tôt pour savoir si ces recommandations seront suivies, et dans quelle mesure. Elles risquent en tout cas d’irriter les femmes qui estiment que la société fait culpabiliser celles qui ne souhaitent pas nourrir leur enfant au sein. Un courant représenté entre autres par Elisabeth Badinter qui, lors de la sortie de son livre Le Conflit, la femme et la mère en février, se disait «inquiète» de la «pression morale (…) pesant sur les femmes depuis 30 ans pour être mères à temps complet». «On interdit de penser la diversité formidable des désirs féminins. Je pense qu’il est plus que temps de rappeler aux futures mères qu’elles doivent suivre leurs envies. Si on vous force à allaiter et que vous n’avez pas envie de le faire, ce sera raté et douloureux».

Une comparaison de mères françaises et allemandes: Face à l’allaitement, le travail et le féminisme, Editions Universitaires Européennes. (Le Figaro-29.07.2010.) 

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Il est plus facile d’allaiter publiquement en Turquie qu’en France

Une étude qui analyse la perception de l’allaitement en fonction des pays soulève beaucoup d’interrogations.

Lors d'une compétition d'allaitement à Lima le 20 août 2014. REUTERS/Enrique Castro-Mendivil

Les mères allaitantes de bien des pays sont donc elles aussi victimes d’injonctions contradictoires. Mais une étude commandée par une marque de produits pour allaitement (crème cicatrisante etc) révèle que la France est bien l’un des pays ou le regard porté sur l’allaitement est le plus ambivalent.

Des femmes de 18-40 ans, enceintes, ou déjà mères d’un enfant de moins de deux ans, ont été interrogées sur la manière dont elles perçoivent l’allaitement et certains de ces aspects. Soit 13.169 participantes de différents pays: Brésil, Chine, France, Allemagne, Hongrie, Mexique, Turquie, Grande-Bretagne, Etats-Unis. Les résultats in extenso sont disponibles ici mais un blog de Wall Street journal a compilé certaines données.

On apprend ainsi que sur la question de l’allaitement en public, aux Etats-Unis, elles sont  57% à trouver cela naturel et 18% à estimer que c’est embarrassant. Seul 3% des femmes trouvent que c’est mal.

Les résultats du Mexique, du Brésil et de l’Allemagne sont relativement équivalents. A chaque fois, une majorité de femmes estime qu’il est normal d’allaiter en public.

Mais la France obtient un résultat radicalement différent: 41% des Françaises trouvent cela embarrassant et seulement 34% estiment que c’est normal. Quant à celles qui rejettent totalement cette pratique, elles sont tout de même 9%. Seule la Chine obtient des résultats assez proches: 47% des femmes trouvent que donner le sein en public est embarrassant et seulement 19% trouvent cela naturel.

Il faut rappeler qu’en Chine, seules 30% des femmes allaitent (contre 70% en moyenne dans les pays développées). Les scandales du lait frelaté n’ont pas ou peu entamé ces statistiques. Ce résultat s’explique aussi par le fait qu’en Chine, la nudité reste un tabou. Le naturisme y est interdit par la loi, Dans la majorité des entreprises, les salariées doivent impérativement se couvrir les épaules. Bien sûr, quand on allaite son bébé en public on ne dévoile quasiment rien de son coprs et de sa poitrine, mais on comprend tout de même comment cela peut-être jugé inconvenant.

Plus étonnant, l’étude révèle qu’à l’inverse la Turquie semble davantage ouverte à l’allaitement en public que la France.

17% des femmes trouvent cela embarrassant, et 20% trouvent que c’est mal. Mais elles sont tout de même 38% à estimer qu’il s’agit d’une pratique parfaitement naturelle. Des résultats complexes qui là aussi s’expliquent par les spécificités du pays. Le corps de la femme y est aussi tabou et on lui ordonne d’être «décente» quand elle est en public. On se souvient du vice-premier ministre qui voulait forcer les femmes à «garder une droiture morale en leur interdisant de rire en public. Pourtant, il faut préciser aussi que 95% des bébés turcs sont allaités au sein.  Si les mères interrogées sont si nombreuses à ne pas être gênées par l’allaitement en public, c’est probablement parce le corps de la mère allaitante n’y est pas sexualisé comme cela peut-être le cas en France.

L’enquête a bien sûr posé d’autres questions aux femmes mais on ne trouve pas dans ces réponses de différences aussi flagrantes que pour l’allaitement en public. Seul un autre item montre une France qui se distingue à nouveau, mais cette fois, il s’agit d’une bonne nouvelle.

Quand on a demandé à ces femmes si «l’allaitement maternel était le meilleur moyen de nourrir un bébé», elles ont toutes majoritairement répondu «oui» (93% aux Etats-Unis, 98% au Mexique, 95% en Allemagne). Les françaises sont celles qui sont le moins affirmatives sur la question: elles ne sont «que» 81%.

Cette tendance se confirme avec le résultat d’une autre question posée aux mères et futures mères. Quand on leur demande si elles se sentiraient coupables de ne pas allaiter, les Françaises ne sont que 58% a répondre par l’affirmative quand, dans les autres pays (en dehors de l’allemagne) les femmes répondent majoritairement que c’est une décision qu’elles auraient du mal à assumer. 

Et s’il s’agit d’une bonne nouvelle, c’est parce que cela signifie que les Françaises plus que les autres ont une vision moins tranchée: elles sont plus nombreuses à estimer qu’il n’y a pas de bonne manière de nourrir son enfant, l’essentiel étant de subvenir à ses besoins. *.slate.fr–Le 7 octobre 2014

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**Les eurodéputés allongent la durée du congé maternité à 20 semaines 

Le rapport de la socialiste portugaise Edite Estrela - sur lequel doivent se prononcer les eurodéputés - préconise un arrêt de vingt semaines avec une rémunération équivalente au salaire complet.
Le rapport de la socialiste portugaise Edite Estrela – sur lequel doivent se prononcer les eurodéputés – préconise un arrêt de vingt semaines avec une rémunération équivalente au salaire complet. 

*Le Parlement de Strasbourg a voté mercredi son allongement à 18 ou à 20 semaines en Europe.

coeur- Les femmes de l’Union européenne vont pouvoir pouponner plus longtemps . Le sujet de l’allongement du congé maternité – après avoir été reporté à plusieurs reprises – a fait mercredi l’objet d’un vote au Parlement européen. Les députés de Strasbourg ont décidé de le porter à 20 semaines. Le congé légal est actuellement de 14 semaines en Europe et de 16 semaines en France.

Le rapport de la socialiste portugaise Edite Estrela – sur lequel se sont prononcés les eurodéputés – préconise un arrêt de vingt semaines avec une rémunération équivalente au salaire complet. Il suggère également d’instaurer dans tous les pays de l’Union européenne un congé paternité payé de deux semaines.

*Voie médiane

u Parlement, l’idée divisait les partis comme les pays. Dix-huit États européens affichent actuellement un congé inférieur à vingt semaines. D’autres, comme la Pologne, offrent déjà cette possibilité aux mères. En Suède, les jeunes parents peuvent se partager jusqu’à 75 semaines pour couver leur bébé.

Mais la question du coût de cette extension fait bondir nombre de députés. Selon une étude de l’OCDE, l’addition s’élèverait à environ 1,3 milliard par an pour la France. Les Britanniques craignent une dépense de près de trois milliards d’euros. «Si la directive est votée telle quelle, elle n’aura jamais l’aval du Conseil des ministres européens et n’aura aucune chance d’être transposée dans le droit national», souligne l’eurodéputé UMP Philippe Juvin. Ce dernier soutient donc un amendement statuant sur un congé maternité de dix-huit semaines, comme l’avait proposé la Commission européenne en 2008, et le paiement du salaire aux deux tiers ou aux trois quarts. Reste à savoir si une majorité d’élus fera le choix de cette voie médiane.

«C’est un sujet délicat. Un congé plus long permet une diminution des troubles de santé liés à la grossesse. Mais il éloigne aussi les femmes du marché du travail», analyse Philippe Juvin. Le rapport Estrela défend pourtant l’idée d’une meilleure conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée et familiale. «C’est une belle idée mais elle risque de se retourner contre les femmes, de les pénaliser à l’embauche», soutient l’eurodéputée UMP Élisabeth Morin-Chartier, qui craint par ailleurs un retour des idées traditionalistes sur la femme au foyer. «Ce texte peut avoir des conséquences graves sur l’égalité hommes-femmes. Le thème d’un congé allaitement de deux ans a même été évoqué pendant les discussions !», s’offusque-t-elle.

*Congé partagé entre le père et la mère

En France, en mars 2010, Danielle Bousquet (PS) avait fait une proposition de loi à l’Assemblée nationale pour le passage d’un congé maternité à vingt semaines. Nadine Morano avait alors préconisé d’attendre le vote européen. La secrétaire d’État à la Famille juge aujourd’hui plus pertinent de réfléchir au possible partage de ce congé entre le père et la mère.

Pourtant, la gauche n’est pas seule à approuver le rapport Estrela. Ainsi, la députée UMP de Paris Edwige Antier plaide elle aussi pour un congé maternité de cinq mois. «En France, les femmes demandent et obtiennent très souvent un congé prolongé. À mon avis, le congé maternité s’élève déjà à 17 semaines en moyenne, avance la députée. Je vais donc déposer un amendement pour faire évaluer le nombre de semaines de congé accordées pour grossesse pathologique et leur coût lors de l’examen du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée.» Elle espère ainsi prouver que le congé maternité pourrait être légèrement allongé et le budget clarifié. En tant que pédiatre, elle estime enfin que cette période est «indispensable au bébé qui arrive sur cette planète comme un extraterrestre et cherche qui il est dans les yeux de sa mère». Un avis que partage la philosophe Élisabeth Badinter, favorable à un congé maternité de six mois. Il y a peu, les deux femmes avaient pourtant croisé le fer sur des questions liées à l’allaitement et à l’instinct maternel. Preuve que le débat sur le congé maternité transcende les clivages.

*Élisabeth Badinter plaide pour un congé de six mois Dans son dernier essai, Le Conflit. La femme et la mère, la philosophe féministe dénonçait le diktat de la mère parfaite et la pression exercée sur les femmes pour allaiter leur bébé. Pourtant, Élisabeth Badinter se dit aussi pour l’allongement du congé maternité. «De nombreuses femmes aimeraient bien rester plus longtemps auprès de leur bébé. Elles devraient avoir le choix de pouvoir prendre un congé de six mois si elles le désirent. Qu’elles allaitent ou non. Les femmes sont fatiguées après l’accouchement. C’est un grand chambardement. Six mois, cela représente une étape pour la mère et l’enfant. Laisser leur nouveau-né à la crèche avant ce délai est souvent un crève-cœur. Avec un congé allongé, les femmes reprendraient le travail avec moins de culpabilité. Elles sont déjà nombreuses à allonger leur absence avec des certificats médicaux. Cette mesure pourrait même réduire le nombre de congés parentaux. Il ne s’agit pas de s’absenter pour suivre la préconisation très culpabilisante de l’OMS d’un allaitement maternel de six mois. La politique familiale française a toujours été généreuse. Grâce à elle, nous affichons un taux de fécondité élevé. Si on veut que les femmes continuent à faire des enfants, réfléchissons à cet allongement. Ces six mois de congés devraient en outre être pris en compte dans le calcul des retraites. Les enfants sont une richesse pour notre pays.» (Le Figaro-20.10.2010.)

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