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Archive pour décembre, 2021

Angela Merkel, 5.860 jours au pouvoir

Posté : 8 décembre, 2021 @ 8:24 dans femme | Pas de commentaires »

*La chancellerie Angela Merkel  a incarné valeurs et sens du compromis

Allemagne : Angela Merkel, «l'inoxydable» chancelière s'apprête à quitter  la scène |

**Beaucoup de jeunes Allemands n’ont connu qu’elle à la tête du gouvernement, et les trois quarts des Allemands se disent satisfaits de son action à la tête de l’Allemagne. À 67 ans, et après 5 860 jours à la tête de l’Allemagne, Angela Merkel passe la main, à son successeur Olaf Scholz, mercredi 08 décembre 2021

*une dirigeante « fiable, honnête, intellectuellement précise », une « belle personne », selon Barack Obama

Angela Merkel au pouvoir depuis 12 ans, 3 mois, 22 jours... et réélue  chancelière d'Allemagne

Seize années au pouvoir et une popularité « inoxydable »: Angela Merkel quitte définitivement la scène, laissant un grand vide dans le monde, où elle a incarné valeurs et sens du compromis.

A 67 ans, et après 5.860 jours au pouvoir, elle passe la main au social-démocrate Olaf Scholz, qui sera élu mercredi chancelier par le Bundestag. Avec 16 ans dans les murs de la chancellerie à Berlin, Angela Merkel aura presque égalé, à neuf jours près, le record de longévité de son mentor Helmut Kohl.

Beaucoup de jeunes Allemands n’ont connu qu’elle à la tête du gouvernement. On les appelle la « génération Merkel ». Celle qui aura été élue 31 années durant au Bundestag se voit affublée en retour du surnom de « Mutti » (Maman) par l’opinion.

Angela Merkel n'a pas mis fin à ses problèmes en limogeant le chef du  renseignement allemand

Malgré l’usure du temps, elle peut se targuer d’une popularité au firmament. Selon une récente enquête de l’institut Pew, elle jouit à l’international d’une cote de confiance de 72 %.

Qu’elle semble loin cette année 2019, lorsque la chancelière, à la tête d’une grande coalition droite-gauche à bout de souffle, paraissait dépassée par la mobilisation de la jeunesse pour le climat.

Comme un symbole du crépuscule de son règne, Mme Merkel avait été victime de spectaculaires crises de tremblements lors de cérémonies officielles, faisant naître des interrogations sur la capacité d’une chancelière réputée « presque infatigable » à achever son quatrième et dernier mandat.

Mais la pandémie de coronavirus a rebattu les cartes. Les trois quarts des Allemands se disent satisfaits de son action à la tête de l’Allemagne, selon les sondages.

Face au Covid-19, cette scientifique de formation a privilégié pédagogie et démonstrations rationnelles aux postures lyriques.

Le confinement, qui a rappelé à Mme Merkel sa vie dans l’ancienne Allemagne de l’Est communiste, a constitué, de son propre aveu, « une des décisions les plus difficiles » en 16 ans de pouvoir.

– »Merkélisme »

La pandémie et ses conséquences ont aussi livré une nouvelle démonstration de son pragmatisme, sa capacité à changer de position pour faire descendre la température, passé à la postérité sous le nom de « merkélisme ».

Championne de l’austérité européenne après la crise financière de 2008, au risque d’asphyxier la Grèce, Mme Merkel s’est en effet convertie à la relance budgétaire européenne et à la mutualisation de dettes, seules à même selon elle de sauver le projet européen.

En 2011, c’est la catastrophe nucléaire de Fukushima qui l’avait convaincue en quelques jours d’enclencher le retrait progressif de l’Allemagne de l’énergie nucléaire.

Mais sa prise de risque historique intervient à l’automne 2015, lorsque Angela Merkel décide d’ouvrir son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile syriens et irakiens.

Malgré les inquiétudes de l’opinion, elle promet de les intégrer et de les protéger. « Nous y arriverons ! », assure-t-elle. Peut-être la phrase la plus marquante prononcée au pouvoir par Mme Merkel, rétive aux discours enflammés.

Jusqu’alors, celle qui porte toujours le nom de son premier mari, avait toujours cultivé une image de femme prudente, sans aspérités, aimant les pommes de terre, l’opéra et la randonnée.

Pour expliquer sa décision sur les migrants, prise sans vraiment consulter ses partenaires européens, elle avait évoqué ses « valeurs chrétiennes » et un certain devoir d’exemplarité d’un pays qui porte la responsabilité de l’Holocauste.

Cette charité chrétienne, celle qui est née le 17 juillet 1954 sous le nom d’Angela Kasner la tient de son père, un pasteur parti volontairement vivre avec toute sa famille dans l’Allemagne de l’Est communiste et athée pour prêcher l’évangile.

« Mon héritage m’a façonnée, notamment l’aspiration à la liberté pendant ma vie en RDA », avait-elle confié lors du 30e anniversaire de la réunification.

**Chancelière « téflon »

Angela Merkel a toutefois toujours assumé sa décision et, après l’irruption de Donald Trump et le Brexit, elle se voit proclamée « leader du monde libre » dans un contexte de montée des populismes.

Barack Obama, un des quatre présidents américains qu’elle aura connus depuis 2005, la décrit dans ses Mémoires comme une dirigeante « fiable, honnête, intellectuellement précise », une « belle personne ».

La « chancelière téflon », sur qui les problèmes glissent, reste un animal politique aussi singulier que redoutable, sous-estimée par ses adversaires.

En 2000, c’est en profitant d’un scandale financier au sein de son parti qu’elle prend les rêne de son parti de centre droit, l’Union chrétienne-démocrate. La débutante sans charisme marginalise ensuite tous les hiérarques masculins qui lui font de l’ombre.

Le 18 septembre 2005, c’est face au chancelier social-démocrate Gerhard Schröder qu’elle arrache une victoire électorale sur le fil. Un premier succès aux élections générales, suivi de trois autres en 2009, 2013 et 2017.

Lors d’une cérémonie d’adieu à l’armée jeudi, elle a concédé que ces 16 années lui avaient « demandé des efforts politiques et humains », avant de mettre en garde contre la « fragilité » de la « confiance » dans la science et la politique, à l’heure des « théories du complot » et des « discours de haine ». * Source AFP avec le Point -  le 06/12/2021

Allemagne: Angela Merkel élue chancelière pour un quatrième mandat - L 'Express

Turquie: inquiète pour la démocratie, Merkel avertit Erdogan sur les visas  - L'Express

Angela Merkel a fréquenté quatre présidents français : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.

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Angela Merkel, une fille de l’Est devenue la femme politique la plus puissante du monde

Angela Merkel est demeurée dix-huit ans à la tête de la CDU, le parti chrétien-démocrate, soit sept ans de moins qu’Helmut Kohl mais plus que son fondateur, Konrad Adenauer. Elle détient aussi, à égalité avec Helmut Kohl cette fois, un record de longévité à la tête de l’Allemagne comme chancelière, après quatre législatures et seize ans de gestion ininterrompue. Portrait.

Cette marque dans l’histoire politique allemande est plus impressionnante encore si on la compare à celles des autres chefs d’État des principales puissances économiques mondiales – du moins pour celles et ceux qui ont été démocratiquement élus. Pragmatique, austère ou insaisissable, pour reprendre les qualificatifs qui lui sont le plus souvent attachés, Angela Merkel a passé sa carrière politique à surprendre, tout en donnant à son peuple l’image d’une profonde stabilité. Ce paradoxe explique peut-être qu’elle soit parvenue à retrouver, fin 2020, des records de popularité malgré la crise du Covid. Celle qui apparaissait comme une libérale de droite a su parfois se concilier les écologistes et le centre-gauche, jusqu’à s’attirer le titre, tantôt élogieux tantôt critique, d’« excellente sociale-démocrate ».

**Une jeunesse est-allemande

Rien ne prédisposait, en effet, la jeune Angela Kasner – Merkel est le nom de son premier mari – à prendre la tête d’une formation de centre-droit héritière du Zentrum, un parti d’obédience catholique. Née à Hambourg 1954, elle est la fille aînée d’un père pasteur sympathisant communiste qui, quelques semaines plus tard, prend en charge une petite paroisse près de la ligne de démarcation entre les deux Allemagnes, mais du côté Est cette fois. Pour fuir la répression du régime qui s’est manifestée par un bain de sang, l’année précédente, 2,7 millions d’Allemands prennent à la même époque le chemin inverse : ils passent à l’Ouest tant qu’il en est encore temps.

Pour autant, l’enfance d’Angela Kasner échappe en partie au carcan de la République démocratique allemande (RDA). Dans le domaine du Waldhof, où son père dirige depuis 1957 le séminaire chargé de former les clercs du Brandebourg et de Berlin, on a accès à la télévision de l’Ouest et on en reçoit aussi des colis. L’établissement accueille des handicapés mentaux et le principal apprentissage qu’on peut y faire est celui d’une certaine marginalité assumée.

Angela Kasner a d’excellents résultats scolaires et ses parents décident de l’inscrire dans les organisations de jeunesse communiste, un passé qui la poursuivra longtemps. Néanmoins, à l’université, elle choisit les sciences dures pour ne pas avoir à frayer avec l’idéologie. Ce n’est que quelques jours après la chute du Mur qu’elle se met en quête d’un engagement politique réel. Et en rupture complète avec sa tradition familiale, alors que son père rejoint le Nouveau Forum, sa mère les sociaux-démocrates du SPD et son frère les Verts, elle choisit le Renouveau démocratique, éphémère parti de centre-droit dont elle devient la porte-parole. Le parti fusionne avec la CDU Est-Allemande victorieuse aux élections en 1990, avant que cette dernière formation ne se fonde dans son équivalent Ouest-Allemand lors de la réunification.

**Une ascension politique fulgurante

Le chancelier allemand Helmut Kohl avec sa représentante Angela Merkel et le président du parti Wolfgang Schäuble lors d’une conférence de la CDU, le 21 décembre 1991 à Dresde en Allemagne. © Thomas Imo/Photothek via Getty

Dans le dernier gouvernement de la RDA, dirigé par Lothar de Maizière, elle devient porte-parole adjointe. Élue députée la même année, elle est ministre fédérale des Femmes et de la Jeunesse dès la réunification en 1991. Trois ans plus tard, elle est ministre fédérale de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire. En 1998, Helmut Kohl perd les élections. Le pouvoir passe aux sociaux-démocrates et la présidence de la CDU à Wolfgang Schäuble qui choisit Angela Merkel comme secrétaire générale. Cette dernière prend ses distances avec ses deux mentors lorsque, l’année suivante, ils sont compromis dans un scandale de financement illégal du parti.

« Das Mädchen » (« La gamine »), comme la surnommait Helmut Kohl – atteint, à 44 ans, un niveau de responsabilité qu’aucune femme avant elle n’a eu dans la CDU. Elle en devient la présidente en 2000 – un poste qu’elle conserve jusqu’en 2018 –, mais cède sa place de candidate pour les élections de 2002 à Edmund Stoiber. Ce dernier est battu et Angela Merkel prend la tête de l’opposition. En 2005, les élections législatives anticipées l’amènent au sommet du pouvoir, au sein d’une alliance atypique, rassemblant les démocrates-chrétiens et leurs adversaires socialistes.

Il faut cinq semaines d’âpres négociations pour que le social-démocrate Gerhard Schröder l’accepte à la tête de la grande coalition, alors que les socialistes font presque jeu égal avec les démocrates-chrétiens. À 51 ans, le 22 novembre 2005, Angela Merkel devient la plus jeune chancelière d’Allemagne – et aussi la première femme à occuper ce poste. Le lendemain, sa première visite officielle est pour la France et son président Jacques Chirac. Son premier invité est le nouveau président de la Namibie – ancienne colonie allemande –, Hifikepunye Pohamba.

**La deuxième personne la plus puissante du monde en 2012

Dès son premier mandat, Angela Merkel montre une identité politique complexe par-delà son attachement indéniable au libéralisme économique. Cette option lui sourit d’ailleurs, du moins jusqu’à la crise économique de 2008, lui permettant d’atteindre ses deux objectifs : relance de l’économie allemande et baisse du chômage. Pour autant, les inégalités se creusent et le chômage de longue durée reste à des niveaux élevés. 

Elle affirme son intérêt pour l’Europe centrale et pour l’élargissement d’une Union européenne dont l’Allemagne deviendrait le centre de gravité. En 2009, son deuxième mandat s’ouvre sous le signe d’une nouvelle coalition avec la droite des Libéraux – elle est la première chancelière depuis Konrad Adenauer à avoir dirigé deux coalitions différentes. Ses positions sur l’immigration et l’échec du « modèle multiculturel allemand » comme sa défense du nucléaire en 2010 la placent résolument à droite. Après la catastrophe de Fukushima cependant, elle approuve la fermeture des centrales pour 2022, preuve s’il en est de sa capacité à surprendre et à évoluer.

L’Allemagne sort renforcée de la crise économique, se changeant pour un temps en gendarme financier de l’Europe. L’intransigeance d’Angela Merkel à l’égard de la crise grecque lui donne dans le sud de l’Europe une image d’arrogance qui contraste avec sa popularité en Allemagne, son mode de vie discret et sa capacité reconnue à faire des compromis dans la gestion des dossiers. En 2012, le magazine Forbes la considère comme la deuxième personne la plus puissante au monde après Barack Obama. L’année suivante, elle revient pour un troisième mandat de nouveau en coalition avec les sociaux-démocrates.

**Une usure du pouvoir toute relative

« Wir schaffen das » (« Nous allons y arriver »), affirme Angela Merkel le 31 août 2015, comme en écho au « Yes, we can » de la campagne de Barack Obama. En pleine crise européenne de l’accueil des migrants, elle vient de prendre unilatéralement la décision d’ouvrir les frontières, notamment aux demandeurs d’asile syriens. La parenthèse est de courte durée, et elle la paie d’une baisse momentanée de popularité. Entre-temps, l’Allemagne a accueilli dans le courant de l’année 1,1 million de réfugiés, un nombre sans commune mesure avec aucun autre pays européen.

Dans cette décision, entre bien sûr de la realpolitik : l’Allemagne est un pays à la natalité en berne et essaie d’attirer les personnes les plus qualifiées. Mais ce sont des considérations qui vaudraient dans d’autres pays d’Europe où les choix ont été parfaitement opposés. Certains ont pu voir aussi dans cette décision le souvenir ému d’une jeunesse Est-allemande, un sursaut de morale chrétienne et une certaine cohérence idéologique libérale, qui suppose d’accorder à l’autre la possibilité d’entreprendre et de refaire sa vie. À la toute fin de son troisième mandat, elle précipite le débat sur le mariage pour tous. Approuvée à une large majorité – Angela Merkel a voté contre, tout en se disant pour l’adoption par des couples homosexuels –, cette loi passée avant les élections prive les partis de gauche d’un de leurs thèmes de campagne. Sur les questions de mœurs, et notamment sur la pénalisation de l’incitation à l’avortement, elle oscille entre conservatisme et résignation.

En septembre 2017, le parti d’Angela Merkel continue à faire la course en tête, mais avec un score malgré tout historiquement bas. La question migratoire a fait monter l’extrême droite, mais sans comparaison avec les sommets atteints en France, par exemple, à l’élection présidentielle. Elle retarde la constitution d’une alliance tripartite, où écologistes et libéraux ne parviennent pas à trouver d’accord. C’est finalement une « grande coalition » qui prévaut, mais où les deux partenaires principaux, CDU et SPD, sont pareillement fragiles. Officiellement chancelière pour son quatrième mandat en mars 2018, Angela Merkel quitte la présidence de la CDU en septembre, après de nouveaux revers électoraux. Elle annonce aussi un mois plus tard, non sans émotion, qu’elle quittera la politique à la fin de son mandat, en septembre 2021. Jusqu’à cette échéance, elle sera restée, selon le magazine Forbes, la femme la plus puissante du monde.*RFi - Publié le : 08/12/2021

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